L’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) est un établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle des ministères chargés de l’écologie et de la forêt. Sa vocation est de produire et diffuser des données (open data) et des représentations (cartes en ligne et papier, géovisualisation) de référence relatives à la connaissance du territoire national et des forêts françaises ainsi qu'à leur évolution.
Grâce à son école d’ingénieurs, l'ENSG-Géomatique, et à ses équipes de recherche pluridisciplinaires, l’institut cultive un potentiel d’innovation de haut niveau dans plusieurs domaines (géodésie, forêt, photogrammétrie, intelligence artificielle, analyse spatiale, visualisation 3D, etc.).
Géodata Paris (Ecole nationale des sciences géographiques) est une grande école publique d'ingénieurs, au carrefour des sciences des sciences de la Terre, des datasciences, de l’informatique, de la géographie et de la cartographie. Elle forme des étudiants du post-bac jusqu'au doctorat sur l'ensemble du champ et des disciplines de l'information géographique et forestière, de la géolocalisation et de la donnée géolocalisée. Elle est la direction de l'enseignement supérieur et de la recherche de l'IGN. Elle est également école membre de l'Université Gustave Eiffel. Elle a pour rôle de former en formation initiale les 400 étudiants inscrits dans les différents cycles de l'école: ingénieur, licence professionnelle de géomètre-géomaticien et divers diplômes de niveau bac+5 (masters). Parmi ces élèves, certains sont élèves-fonctionnaires destinés à intégrer l'IGN et la fonction publique d'Etat au sortir de leur formation. Géodata Paris assure également des formations professionnelles, y compris à distance et pour des formations longues et diplômantes. Géodata Paris est également chargée de définir et conduire les recherches finalisées dans les domaines de compétences de l'IGN (100 chercheurs) et de contribuer, sur ces domaines, à l'animation de la recherche au niveau national et international. Géodata Paris apporte son expertise à l'IGN et plus largement aux politiques publiques de son ministère de tutelle (écologie). Elle soutient l'organisation d'événements scientifiques et techniques dans le domaine de compétences de l'IGN.
Le LASTIG, laboratoire de recherche de Géodata Paris, s’intéresse dans le cadre du projet de recherche ANR KAYA, à établir une cartographie archéologique à l'échelle de l'Empire khmer dans toute son emprise passée en Asie du Sud-Est. L'Empire khmer, qui a prospéré du IXe au XIIIe siècle avec Angkor pour capitale, s'est étendu sur l'actuel Cambodge, la Thaïlande, le sud du Laos et du Vietnam. En dehors des grands temples monumentaux, la majorité des traces de cet empire est enfouie sous la végétation ou a disparu. Si des décennies de travaux archéologiques et de télédétection ont permis des avancées significatives avec notamment l'accumulation par l'EFEO de 7 500 km² de données LiDAR aéroportées, celles-ci ne représentent qu'une fraction infime des 528 000 km² de l'emprise totale estimée de l'Empire khmer.
L'enjeu de ce projet est double : d'une part, étendre la couverture cartographique à grande échelle grâce à des méthodes d'apprentissage profond appliquées à l'imagerie satellitaire ; d'autre part, enrichir cette carte d'une dimension temporelle en y intégrant la datation des sites, des artefacts et des inscriptions associés. Ce travail contribuera également à la protection du patrimoine khmer, notamment par la détection de pillages et la reconstruction de la provenance d'artefacts dispersés.
L'objectif principal de ce travail de doctorat est de développer une cartographie archéologique spatio-temporelle à grande échelle, en combinant vision par ordinateur, télédétection et intégration de données patrimoniales hétérogènes. La recherche s'articulera autour de deux axes principaux :
1. Détection automatique de structures archéologiques par télédétection
Le ou la doctorant(e) développera des modèles de vision par ordinateur entraînés sur des images satellitaires multi-sources pour détecter automatiquement des structures archéologiques caractéristiques de la civilisation khmère : rizières anciennes, réseaux hydro-agricoles, temples, et indices d'activité anthropique néfaste telle que les fosses de pillage.
La cartographie débutera dans le périmètre des acquisitions LiDAR existantes, où environ 3 000 km² restent encore non cartographiés, et s'étendra progressivement à l'ensemble de la zone d'intérêt au fur et à mesure de la disponibilité de nouvelles données SAR et de modèles numériques de terrain à haute résolution produits dans le cadre du projet. Une attention particulière sera portée à l'évaluation de la capacité de détection à partir d'imagerie satellitaire de résolution moyenne (ex. Sentinel-2), afin de proposer une approche qui permette le passage à l’échelle à moindre coût.
Les résultats seront validés par des prospections archéologiques de terrain et les archives de fouilles existantes.
2. Cartographie SIG spatio-temporelle
Le ou la doctorant(e) construira une carte enrichie d'une dimension temporelle, intégrant les sites archéologiques détectés à l'étape précédente ainsi que les artefacts (sculptures, inscriptions) et leurs estimations de datation. Il s'agira notamment de :
Ce travail requiert un intérêt et une curiosité authentiques pour l'archéologie, l'histoire de l'art et le patrimoine culturel, combinés à de solides compétences techniques. Sont attendus :
La maîtrise du français et/ou de l'anglais est requise. Une bonne maîtrise de l’anglais est souhaitée.
Les travaux se dérouleront au laboratoire LASTIG, dans les locaux de l'école d'ingénieurs Géodata Paris, située à Champs-sur-Marne au sein d'un campus verdoyant à moins de 30 minutes du centre de Paris en train.
Avantages : Télétravail flexible après une période de prise de poste ; équipements sportifs et culturels disponibles sur site ; associations sportives et culturelles accessibles au sein de l'IGN; accès à la cafétéria du campus ; prise en charge du titre de transport à 75 % par l'employeur ; aide à l'achat d'un vélo.
Clément Mallet et Elliot Vincent, tous deux experts en télédétection sont les directeurs principaux de cette thèse de doctorat et sont membres du laboratoire LaSTIG.
Les travaux seront menés en étroite collaboration avec des chercheurs de l’EFEO (École française d'Extrême-Orient) à Paris, Dominique Soutif, Vladyslav Sydorov et Christophe Pottier. L'EFEO est un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel qui relève du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Elle a pour mission la recherche interdisciplinaire sur les civilisations asiatiques, de l'Inde au Japon. L'EFEO est présente, grâce à ses 18 centres de recherche, dans 12 pays d'Asie. Cette spécificité permet à ses chercheurs d'être sur les terrains de leurs études, et d'animer un réseau de coopérations locales et d'échanges internationaux entre scientifiques orientalistes.