THÈSE DE DOCTORAT - PRÉDICTION DE LA VITESSE D'ÉCOULEMENT DES GLACIERS PAR APPRENTISSAGE PROFOND

Réf. 20260622-1662
Ville Champs-sur-Marne
Région Ile-de-France
Type d'emploi Thèse
Modalités de recrutement Thèse
Durée du contrat 36 mois
Type de temps de travail Temps complet
Domaine Recherche et Enseignement
Sous-domaine Recherche et Enseignement
Catégorie du poste A
RIFSEEP A4
Etat du poste Poste vacant
Date souhaitée de prise de poste 01/10/2026
Déplacement à prévoir Déplacements occasionnels
Télétravail Télétravail partiel possible

L’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) est un établissement public à caractère administratif placé sous la tutelle des ministères chargés de l’écologie et de la forêt. Sa vocation est de produire et diffuser des données (open data) et des représentations (cartes en ligne et papier, géovisualisation) de référence relatives à la connaissance du territoire national et des forêts françaises ainsi qu'à leur évolution.

Grâce à son école d’ingénieurs, l'ENSG-Géomatique, et à ses équipes de recherche pluridisciplinaires, l’institut cultive un potentiel d’innovation de haut niveau dans plusieurs domaines (géodésie, forêt, photogrammétrie, intelligence artificielle, analyse spatiale, visualisation 3D, etc.).

Contexte

Géodata Paris (Ecole nationale des sciences géographiques) est une grande école publique d'ingénieurs, au carrefour des sciences des sciences de la Terre, des datasciences, de l’informatique, de la géographie et de la cartographie. Elle forme des étudiants du post-bac jusqu'au doctorat sur l'ensemble du champ et des disciplines de l'information géographique et forestière, de la géolocalisation et de la donnée géolocalisée. Elle est la direction de l'enseignement supérieur et de la recherche de l'IGN. Elle est également école membre de l'Université Gustave Eiffel. Elle a pour rôle de former en formation initiale les 400 étudiants inscrits dans les différents cycles de l'école: ingénieur, licence professionnelle de géomètre-géomaticien et divers diplômes de niveau bac+5 (masters). Parmi ces élèves, certains sont élèves-fonctionnaires destinés à intégrer l'IGN et la fonction publique d'Etat au sortir de leur formation. Géodata Paris assure également des formations professionnelles, y compris à distance et pour des formations longues et diplômantes. Géodata Paris est également chargée de définir et conduire les recherches finalisées dans les domaines de compétences de l'IGN (100 chercheurs) et de contribuer, sur ces domaines, à l'animation de la recherche au niveau national et international. Géodata Paris apporte son expertise à l'IGN et plus largement aux politiques publiques de son ministère de tutelle (écologie). Elle soutient l'organisation d'événements scientifiques et techniques dans le domaine de compétences de l'IGN. 

Le LASTIG, laboratoire de recherche de Géodata Paris, s'intéresse, via son projet ANR GlacioSim à la réponse des glaciers aux fluctuations climatiques en fait d'excellents indicateurs du changement climatique. Les glaciers fournissent aux populations locales des ressources en eau douce et contribuent actuellement à hauteur de 25 à 30 % à l'élévation du niveau des mers. Malgré des améliorations substantielles dans la représentation des masses de glace au cours des dernières décennies, la distribution de l'épaisseur des glaciers du monde est encore sujette à de grandes incertitudes [1]. Une variable d'importance primordiale est la vitesse d'écoulement en surface des glaciers, car elle régit le transfert de masse de la zone d'accumulation vers la zone d'ablation. Elle constitue également une contrainte essentielle dans les modèles glaciologiques pour obtenir des simulations précises de la dynamique de la glace. Depuis le lancement des programmes de satellites Landsat-8 et Sentinel-1/2 en 2013 et 2015 respectivement, les images satellites offrent la possibilité d'estimer les vitesses de surface des glaciers grâce à une fréquence de revisite et une couverture satellitaires élevées. Pour estimer la vitesse de surface, une technique largement utilisée consiste à calculer ou à prédire la similarité entre des patches de paires d'images acquises à différents instants. Dans sa version classique, cette technique, appelée suivi de décalage (offset tracking), vise à maximiser une fonction basée sur la corrélation entre les deux images. Elle a été appliquée avec succès pour estimer la vitesse des glaciers à partir d'images optiques [2] et d'images radar à ouverture synthétique (SAR) [3]. Récemment, une famille prometteuse de méthodes basées sur l'apprentissage profond a émergé pour apprendre des cartes de vitesse ou de similarité à partir de paires d'images de télédétection. Par exemple, [4] a conçu un réseau de mise en correspondance profond basé sur une architecture siamoise pour apprendre la similarité entre des patches d'images SAR du glacier Taky en Alaska. Les réseaux de neurones convolutifs (CNN) ont également été appliqués avec succès pour estimer les ruptures sismiques et les mouvements de glissements de terrain à partir d'images optiques [5]. D'autres méthodes appliquent des réseaux de neurones récurrents (RNN) basés sur l'attention pour prédire des cartes de vitesse de flux optique à partir d'images satellites [6, 7].
Malgré ces efforts, l'estimation et l'apprentissage précis des cartes de similarité à partir d'images de télédétection, à partir desquelles sont estimées les vitesses de surface des glaciers, restent une tâche difficile. Premièrement, parce que les glaciers présentent une forte variabilité spatio-temporelle en raison de zones à évolution rapide telles que les séracs, les crevasses ou la fonte en surface [8]. En conséquence, les mesures basées sur des images satellites répétées perdent souvent la trace des motifs de surface au fil du temps, un phénomène appelé décorrélation. La résolution spatiale et la ligne de base temporelle constituent également des facteurs limitants importants pour le suivi des vitesses de surface. Deuxièmement, les images satellites, par leur mode et leur géométrie d'acquisition, contiennent différentes sources d'erreurs et d'artefacts, en particulier dans les zones de forte topographie ou de fort changement vertical [9]. Ces cartes peuvent également être contaminées par des mouvements indésirables, tels que des déplacements d'ombres ou des mécanismes de rétrogression. De plus, le manque de données de vérité terrain constitue une limitation importante pour la capacité des modèles d'apprentissage profond à apprendre des cartes de vitesse fiables dans de nombreux cas d'écoulements glaciaires (glaciers de montagne, calottes glaciaires, etc.). Enfin, l'intégration de connaissances physiques pour prédire l'évolution de systèmes dynamiques [10] tels que les glaciers, ainsi que l'apprentissage de cartes de similarité à partir d'images multimodales (mêmes modalités ou modalités différentes provenant de capteurs différents), constituent des défis de recherche émergents.

Missions

L'objectif principal de ce travail de doctorat est de développer une architecture robuste d'apprentissage profond de la similarité, adaptée au suivi des déplacements des glaciers à partir d'imagerie multimodale. Pour ce faire, la recherche se concentrera sur :

1. La conception d'une architecture de modèle de similarité profonde, avec un accent particulier sur la création d'un module dédié à l'extraction de caractéristiques d'images, générant des plongements spatiotemporels discriminants [11] ;

2. Une stratégie d'entraînement informée par la physique : concevoir un pipeline d'entraînement, de validation et de test avec apprentissage contrastif intégrant des connaissances sur la physique du mouvement de la glace (par exemple, la direction de l'écoulement), afin que le modèle apprenne des écoulements de surface significatifs et physiquement plausibles ;

3. La génération et l'annotation de données : l'obtention d'échantillons de mise en correspondance bien annotés entre deux images pour l'entraînement est une tâche cruciale mais difficile. L'objectif ici sera de produire des données d'entraînement composées de paires annotées de pixels dans des patches d'images standardisés de tailles potentiellement différentes, issues de données multimodales : paires optique/optique, optique/SAR et SAR/SAR. Pour ce faire, plusieurs stratégies de génération de données d'entraînement seront explorées ;

4. L'intégration multimodale : améliorer le modèle en incorporant des sources de données multimodales, s'appuyant à la fois sur des observations empiriques et des principes physiques. De plus, en s'inspirant de récentes techniques d'auto-encodage cross-modal [12], des informations contextuelles invariantes à la modalité seront transmises au réseau afin d'aider à l'identification de caractéristiques correspondantes pouvant être difficiles à détecter sur la seule base des intensités d'image.

Profil recherché

Ce travail requiert un intérêt et une curiosité authentiques pour les sciences de la Terre (en particulier la glaciologie et les sciences du climat). De solides compétences en mathématiques statistiques, en apprentissage profond, en vision par ordinateur et en télédétection sont attendues. Une maîtrise d'une ou plusieurs bibliothèques d'apprentissage automatique en Python (PyTorch, TensorFlow, Keras) est requise. Un bon niveau en calcul scientifique avec Python (scipy, scikit-learn, numpy) est également nécessaire.

Conditions particulières

Équipe d'encadrement
Alexandre Hippert-Ferrer et Ewelina Rupnik, tous deux experts en télédétection et en algorithmes de mise en correspondance d'images, sont les directeurs principaux de cette thèse de doctorat et sont membres du laboratoire LaSTIG. Les travaux seront menés en étroite collaboration avec deux glaciologues de l'IGE (Institut des Géosciences de l'Environnement) à Grenoble, Antoine Rabatel et Romain Millan. Enfin, Loïc Landrieu du laboratoire Imagine apportera son soutien grâce à son expertise en apprentissage profond.

Atouts de l'environnement de travail

L'Institut national de l'information géographique et forestière (IGN) est un établissement public français sous tutelle du ministère de l'Écologie et des Forêts. Son rôle principal est de produire et de diffuser des données et des représentations de référence (cartes papier et en ligne, géovisualisations) pertinentes pour la compréhension du territoire national français, de ses forêts et de leur évolution. Grâce à son école d'ingénieurs, Géodata Paris, et à ses laboratoires de recherche pluridisciplinaires, l'institut encourage une culture forte et de haut niveau de l'innovation dans plusieurs domaines (géodésie, gestion forestière, photogrammétrie, intelligence artificielle, analyse spatiale, visualisation, etc.)

Le ou la candidat(e) travaillera au sein du laboratoire LASTIG, et plus particulièrement au sein de l'équipe Strudel, spécialisée dans l'étude des structures spatiotemporelles pour l'analyse territoriale. Des déplacements ou des séjours courts à l'Institut des Géosciences de l'Environnement à Grenoble seront envisagés.

Avantages:
Télétravail flexible après une période de prise de poste ; équipements sportifs et culturels disponibles sur site ; associations sportives et culturelles accessibles au sein de l'institut ; accès à la cafétéria du campus ; prise en charge du titre de transport à 75 % par l'employeur ; aide à l'achat d'un vélo.

Localisation
Le laboratoire est situé au sein de l'école d'ingénieurs Géodata Paris, au 6-8 avenue Blaise Pascal, 77420 Champs-sur-Marne, France, à moins de 30 minutes du centre de Paris en train.

Contact

Alexandre Hippert-Ferrer (IGN / Géodata Paris) - alexandre.hippert-ferrer@ign.fr - encadrant de la thèse
Ewelina Rupnik, (IGN / Géodata Paris) - ewelina.rupnik@ign.fr - directrice de la thèse

Lucas Martinie (IGN) - lucas.martinie@ign.fr - chargé de développement des ressources humaines

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